Façade

L’enveloppe du bâtiment, c’est quoi ?

En tant que structure géométrique, l'enveloppe du bâtiment sépare l'intérieur de l'extérieur d'un bâtiment et sert de barrière contre les précipitations, l'air extérieur, la température extérieure, le bruit et le rayonnement. La coque se compose généralement de plusieurs couches fonctionnelles, telles que la couche porteuse de base, la couche d'isolation thermique, l'étanchéité à l'air, la couche pare-vapeur, etc.

Le ferblantier, en tant que spécialiste de l'enveloppe du bâtiment ?

Il faut mentionner le groupe professionnel des installateurs et des ferblantiers qui équipent une maison habitable avec des éléments qui la rendent étanche, comme les gouttières, les tuyaux d'évacuation, les encadrements de cheminée, les appuis de fenêtre et les systèmes de protection contre la foudre ou les rideaux de façades métalliques.

Articles les plus lus

Source: iStock.com

Où déverser lˈeau de pluie?

Le changement climatique apporte non seulement plus de canicules, mais aussi de plus fortes précipitations. Cela met à l'épreuve l'infrastructure des zones résidentielles et exige de nouvelles solutions, pas seulement techniques!

Le 11 juin 2018, en fin de soirée, les écluses de Suisse romande ont ouvert leurs portes et c'est bien ce qui s'est passé: plus de 40 litres d'eau par mètre carré sont tombés sur Lausanne en dix minutes seulement ‒ un nouveau record suisse. La tempête n'a pas été sans conséquence: des images du passage inférieur de la gare complètement inondé ou des rues ressemblant à une rivière ont déferlé dans la presse et les médias sociaux. Heureusement, personne n'a été blessé. Mais les dégâts matériels ont été immenses, d'après l'Agence Télégraphique Suisse (ats), ils s'élevaient à un montant de plusieurs dizaines de millions de francs.

Infiltration, dans la mesure du possible

Les orages comme celui de Lausanne peuvent être des événements exceptionnels. Toutefois, il est probable que les fortes précipitations vont augmenter dans les années à venir. La raison en est le changement climatique. Selon les experts, cela augmente le risque d'événements météorologiques extrêmes. Il faut s'attendre à des périodes de chaleur plus longues en été, par exemple, et à des pluies abondantes plus fréquentes.
Cela pose également un défi pour le secteur de la construction. En effet, chaque année, environ 90 % des dommages causés aux bâtiments sont dus à l'eau, dont 30 à 50 % aux eaux de ruissellement. C'est de cela qu'il s'agit lorsque l'eau ne s'infiltre pas, s'écoule à travers un terrain découvert et peut ainsi causer des dommages. Le ruissellement de surface doit être différencié des inondations qui se produisent lorsque les rivières ou les lacs débordent de leurs rives. Contrairement aux inondations, un plus grand nombre de zones urbaines sont touchées par d'éventuels dommages dus au ruissellement de surface, comme le montre également la nouvelle carte des dangers liés au ruissellement de surface (voir encadré).
La loi prévoit un ordre de priorité clair pour le traitement des eaux pluviales: la première priorité est l'infiltration de l'eau dans le sol. Si cela n'est pas possible, l'eau devrait être déversée dans un cours d'eau hors-sol en deuxième priorité. Ce n'est qu'en troisième priorité, lorsque les deux autres possibilités ne sont pas réalisables, que l'eau devrait être rejetée dans le réseau d'égouts unitaire.

Gérer au lieu d'éliminer

C'est également sur cette base que l’association suisse des professionnels de la protection des eaux (VSA) a publié au printemps dernier la directive «Gestion des eaux urbaines par temps de pluie». Le changement de nom «élimination» pour devenir «Gestion» indique déjà que l'eau de pluie prend une nouvelle signification.
Selon Stefan Hasler, directeur de VSA, même si les trois priorités susmentionnées sont restées les mêmes, elles sont désormais précédées d'une nouvelle «Priorité 0»: «A l'avenir, chaque planificateur et architecte devrait se demander avant de planifier un bâtiment si l'écoulement et la charge en eau de pluie peuvent être réduits ou évités.» Sur le fondement de cette question, S. Hasler déduit le fait que l'eau de pluie ne doit pas être collectée, mais doit être gérée de manière décentralisée afin de maintenir les conduites de drainage aussi minimes que possibles. En cas de fortes pluies, le réseau d'égouts est surchargé au bout de quelques minutes, ce qui peut entraîner l'inondation des garages souterrains ou des caves.
Avec la nouvelle directive révisée et un modèle de cahier des charges pour la planification générale du drainage (GEP), l'association fournit des instruments pour la gestion des eaux pluviale. «Mais il en faut plus pour rendre les villes plus résistantes face au changement climatique », déclare S. Hasler. L'eau joue également un rôle central pendant les sécheresses. «Il faut donc garder l'eau de pluie dans les villes ». S. Hasler considère que la gestion de l'eau joue un rôle clé et demande que des projets à caractère-phare soient traités et que l'assainissement urbain soit prioritaire dès le début de chaque projet de construction.

Impliquer également les non-initiés

L'assainissement urbain décentralisé du futur nécessite de nouvelles approches. Le projet de recherche berlinois «netWORKS 4» y est également consacré. Il étudie les possibilités de relier les infrastructures dites bleue, grise et verte. L'infrastructure bleue désigne des mesures telles que les cours d'eau, les ruisseaux et les étangs ou les fontaines; l'infrastructure grise est l'eau dans les canalisations, les conduites et les installations destinées à l'utilisation de l'eau de consommation dans les bâtiments; l'infrastructure verte désigne les espaces ouverts non imperméables, les espaces verts des bâtiments et les installations de drainage avec zones de verdure visibles.
Afin de rendre ce lien possible, l'équipe de recherche a élaboré un catalogue de mesures comprenant 20 éléments constitutifs tels que des espaces verts, des zones d'eau ou des espaces réservoirs dans le bassin versant du canal. Cet ensemble de mesures a ensuite été appliqué dans le cadre de la méthode «KURAS Plus» lors de la phase d'approvisionnement de cinq domaines d'intervention dans le nord-est de Berlin. L'un d'eux est une garderie, où un bâtiment existant devait être complété par une nouvelle construction. Le concept de drainage a été développé selon la méthode «KURAS Plus» dans le cadre d'un atelier participatif – un atelier auquel ont participé non seulement des experts, mais aussi toutes les personnes concernées, y compris les employés de la crèche.
Dans cet atelier, une solution a finalement été élaborée, qui comprend entre autres l'écologisation du nouveau bâtiment, la collecte de l'eau dans une citerne pour la réutilisation dans la chasse d'eau des toilettes et l'irrigation de l'espace vert. Selon Andreas Matzinger du «Kompetenz­zentrum Wasser Berlin», les coûts supplémentaires pour le concept de drainage s'élèvent à environ un pour cent des coûts totaux de la reconversion, une dépense acceptable. «La méthode a fait ses preuves dans la pratique », résume A. Matzinger. Il était important de définir les objectifs communs dès le départ. «En fin de compte, il en résulte un large éventail d'options de conception dans le processus de planification.» Ou pour le dire autrement: il existe de nombreuses mesures diverses pour atteindre les mêmes objectifs.

La nature, un modèle à suivre

Sur la base d’un concept élaboré, l'architecte-paysagiste Gerhard Hauber a finalement développé une vision pour sa réalisation. Il possède une grande expérience de la gestion moderne des eaux pluviales, puisqu'il a déjà conçu des solutions correspondantes à Singapour, Copenhague ou Stuttgart. « L'approche interdisciplinaire est cruciale », dit G. Hauber. De plus, il prend toujours la nature comme modèle.
Dans ce contexte, il parle de la «ville douce» – une ville orientée vers les besoins des gens et leurs relations sociales et qui réalisent des solutions appropriées. Une technologie sophistiquée est bien sûr importante pour cela, mais transmettre un message est tout aussi important. « Nous voulons créer des images et raconter des histoires », dit G. Hauber. Par exemple, l'histoire du milieu humide qui se trouvait à l'emplacement actuel du bâtiment. Celui-ci est aujourd'hui partiellement revitalisé par une masse d'eau qui a, à la fois, une fonction d'infrastructure et une valeur ajoutée en tant que zone de loisirs.
« On peut faire n'importe quoi n'importe où, il n'y a pas d'excuse », dit G. Hauber. Il n'accepte pas les coûts comme contre-­argument: « Notre expérience montre que cela en vaut la peine sur le long terme. » Avec le drainage naturel, par exemple, il n'y a pas besoin d'un réseau d'égouts exigeant beaucoup d'entretien. « En tant que société, nous pouvons nous le permettre. »
Les médias sociaux aident également. Et pourtant, lorsqu'il pleuvra aussi fort que l'an dernier à Lausanne, les meilleures infrastructures seront probablement touchées. Alors, il est temps de limiter les dégâts. Et de recueillir autant d'informations que possible sur l'emplacement et l'étendue des inondations afin d'optimiser l'infrastructure pour l'avenir.
Et, là aussi, nous pouvons nous appuyer sur des méthodes surprenantes, comme le montre ce second regard sur Berlin. Dans le cadre d'un projet de recherche lors d'une inondation, des images et des vidéos publiées par les utilisateurs des médias sociaux y ont été recueillies et évaluées. L'exemple le prouve: la gestion des eaux pluviales ne se limite pas à des solutions techniques.